Tous les secrets des caratéristiques techniques des câblages dévoilés

By Valerie Rybinski, March 2007

QUELQUES MOTS SUR L’AUTEUR

Valeria Rybinski

Valérie Rybinski est ingénieur commercial chez Siemon. Valérie a obtenu son diplôme d’ingénieur en électricité à l’Université de Connecticut et intervient activement dans des groupes de travail responsables de l’élaboration et de la publication de normes dans le domaine des télécommunications telles que TIA/EIA-568-B, TIA/EIA-568-B.2-1 (catégorie 6), et la norme TIA/EIA-568-B.2-10 en cours (catégorie 6A). Elle dirige le souscomité de câblage en cuivre TIA TR-42, a été nommée chargée de liaison vis-à-vis de l’IEEE 802.3 par ce sous-comité TIA TR-42, est rédactrice de la norme de câblage de la catégorie 6A 568-B.2-10 et de la prochaine édition, à savoir ‘568-C.2. En outre, Valérie donne souvent des conférences dans le secteur. Elle est l’auteur de plus de 45 articles techniques et papiers, et est l’auteur d’un brevet américain.

Les normes dédiées au câblage structuré indiquent des topologies génériques d’installation et de conception, définies par une « catégorie » ou « classe » de performance de transmission. Ces normes de câblage servent alors de référence aux normes d'application élaborées par des comités tels que l'IEEE et l'ATM : elles fixent un niveau de performance minimal nécessaire pour garantir le fonctionnement de l’application. Un câblage structuré qui satisfait aux normes offre divers avantages : le fonctionnement garanti des applications, la diversité de choix possibles en termes de câblage et de connexion, offrant interopérabilité et rétrocompatibilité, et des conceptions et topologies de câblage structuré universellement reconnues par les spécialistes du câblage gérant les ajouts, adaptations et changements de câbles.

Deux organismes phares procèdent à la normalisation du câblage structuré : la TIA (Association de l’Industrie des Télécommunications) et l'ISO (Organisation Internationale de Normalisation). Les membres des comités travaillent de concert avec les comités de développement des applications pour garantir que les nouvelles caractéristiques des câblages permettent de supporter toutes les dernières innovations menées dans le domaine de la transmission des signaux. Les normes TIA sont souvent utilisées par les utilisateurs finaux nord-américains, tandis que les normes ISO sont davantage destinées au marché mondial. Outre la TIA et l’ISO, il existe des groupes régionaux de normalisation de câblage : la JSA/JSI (Association de normalisation japonaise), la CSA (Association de normalisation canadienne) et le CENELEC (Comité européen de normalisation), qui élaborent des normes locales. Ces groupes régionaux de normalisation de câblage interviennent activement dans les comités techniques consultatifs ISO de leur propre pays, et le contenu de leurs normes est souvent en adéquation avec les exigences TIA et ISO.

Même si les exigences techniques de la TIA et de l’ISO sont largement similaires pour les différentes performances de câblage, dans les normes établies par les différents comités, la terminologie inhérente au niveau du câblage peut prêter à confusion. Dans les normes TIA, les composants de câblage (câbles, équipement de connexion et cordons de brassage) sont définis par une « catégorie » de performance, et ils sont raccordés ou connectés ensembles pour réaliser une liaison permanente ou un canal, qui correspond au final à une « catégorie » de performance. En revanche, dans les normes ISO, les composants sont classés par « catégorie » de performance, et les liaisons permanentes et les canaux sont repérés par une « classe » de performance. Les qualités équivalentes de performance TIA et ISO sont définies par leur largeur de bande de fréquence, et apparaissent dans le tableau 1.

TABLEAU 1 CLASSIFICATIONS EQUIVALENTES TIA ET ISO
LARGEUR DE BANDE DE FREQUENCE TIA (COMPOSANTS) TIA (CABLAGE) ISO (COMPOSANTS) ISO (CABLAGE)
1 à 100 MHz Catégorie 5e Catégorie 5e Catégorie 5e Classe D
1 à 250 MHz Catégorie 6 Catégorie 6 Catégorie 6 Classe E
1 à 500 MHz Catégorie 6A Catégorie 6A Catégorie 6A Classe EA
1 à 600 MHz - - Catégorie 7 Classe F
1 à 1000 MHz - - Catégorie 7A Classe FA

Lorsque les spécialistes du câblage doivent procéder à une tâche fastidieuse : adapter un réseau existant ou concevoir un nouvel aménagement au sein d’immeubles, il leur est vivement conseillé de se référer aux normes pour trouver des indications sur la durée de vie ou la performance. TIA et ISO spécifient tous deux que les systèmes de câblage concernés doivent avoir une durée de vie supérieure à 10 ans. Les applications telles que l’Ethernet ayant généralement une durée de vie de 5 ans, il est recommandé de définir des systèmes de câblage pouvant supporter au minimum deux générations d’applications réseau. Dans le cadre des immeubles commerciaux, la plupart des utilisateurs finaux sont donc amenés à mettre en place une installation de câblage pouvant supporter le 1 000BASE-T (Etherner Gigabit) aujourd'hui et qui demain, avec l'arrivée des nouvelles cartes réseaux, atteindra le 10 GBASE-T d’ici à 5 ans.

Les catégories TIA et classes ISO de câblage structuré qui sont reconnues pour supporter des applications d’un certain débit et sont mentionnées dans le tableau 2.

TABLEAU 2 : NORMES DE REFERENCE TIA ET ISO

NORMES DE CABLAGE TIA
Catégorie 5e ANSI/TIA/EIA-568-B.2, Commercial Building Telecommunications Standard (Norme sur les télécommunications dans les immeubles com merciaux) Section 2 : Balanced Twisted pair Cabling Components, 2001 (Composants de câblage à paires torsadées équilibrées)
Catégorie 6 ANSI/TIA/EIA-568-B.2-1, Commercial Building Telecommunications Standard 2: Annexe 1 : Transmission Performance Specifications for 4 Pair 100 Ohm category 6 cabling, 2002 (spécifications de performance de transmission pour le câblage de catégorie 6, 4 paires, 100 ohms
Catégorie 6A ANSI/TIA/EIA-568-B.2-10, Commercial Building Telecommunications Standard Section 2 : Annexe 10 : Transmission Performance Specifications for 4 Pair 100 Ohm category 6 cabling, 2002 (spécifications de per formance de transmission pour le câblage de catégorie 6 augmentée, 4 paires, 100 ohms, publication en cours)
NORMES DE CABLAGE ISO
Classe D ISO/IEC 11801, Information technology – Generic Cabling for Customer Premises, 2002, 2ème édition (Technologies de l’Information – Câblage générique des locaux tertiaires)
Classe E ISO/IEC 11801, Information technology – Generic Cabling for Customer Premises, 2002, 2ème édition
Classe EA 1er amendement de ISO/IEC 11801, Information technology – Generic Cabling for Customer Premises, 2ème édition Publication en cours
Classe F ISO/IEC 11801, Information technology – Generic Cabling for Customer Premises, 2002, 2ème édition
Classe FA 1er amendement de ISO/IEC 11801, Information technology – Generic Cabling for Customer Premises, publication en cours

Bien que les normes de catégorie 6A, classe EA et classe FA ne soient pas encore publiées à l’heure actuelle, les exigences du projet sont restées inchangées depuis plusieurs votes intervenues dans le secteur concerné : pour les spécialistes du câblage, ces normes ont donc une valeur officielle. Ces normes ont été validées à des fins de publication dans les 6 prochains mois, et apparaissent généralement dans les nouvelles conceptions de câblage dédiées aux immeubles commerciaux. Les normes TIA et ISO sont protégées par copyright, et ne sont pas disponibles dans le domaine public. Des copies de ces normes peuvent être achetées en ligne, auprès de IHS Global Engineering Documents (www.global.ihs.com).

CATEGORIE 5E/CLASSE D

Les exigences de câblage de la catégorie 5e / classe D, publiées initialement en 2000, précisent les caractérisques de performance de transmission supplémentaires qui sont nécessaires aux applications telles que 1 000BASE-T, utilisant des systèmes de transmission bidirectionnels et sur les 4 paires simultanément. Cette norme ajoute une certaine marge aux limites de performance de la catégorie 5, et a définit les nouveaux critères de transmission nécessaires pour supporter Ethernet Gigabit sur un canal avec quatre point de coupure, ce qui représente le cas le plus exigeant en matière de performance. (A l'origine, l'application 1000 BASE-T concernait le fonctionnement sur des canaux de catégorie 5 limités à deux point de coupures). Pour garantir que les marges de performances supplémentaires sont satisfaites, les caractéristiques techniques de la catégorie 5e / classe D ajoutent une certaine marge pour les paramètres suivants : La paradiaphonie NEXT (NEar End Cross Talk), la télédiaphonie FEXT (Far End Cross Talk), perte de retour (Return Loss) et, pour définir la paradiaphonie cumulées PS NEXT (Power Sum NEXT), elles ont introduit la notion de puissance cumulée, qui se rapproche de la paradiaphonie totale observée lorsque toutes les paires sont activées, notamment dans un système de transmission à quatre paires.

Bien qu’ils ne soient plus reconnus par les normes dédiées aux nouvelles installations, de nombreux canaux installés de catégorie 5 peuvent supporter l'application 1 000BASE-T. L’annexe D de la norme ANSI/TIA/EIA- 568-B.2.contient des informations sur la qualification des installations de catégorie 5 dans le cadre de cette application.

CATEGORIE 6 / CLASSE E

Les cinq dernières années, la plupart des câblages structurés destinés aux nouveaux immeubles ont été réalisés en catégorie 6 / classe E car ils optimisent la marge de performance et le retour sur investissement. Le câblage de catégorie 6 / classe E présente une marge signal / bruit deux fois plus élevée que la catégorie 5e / classe D (avec une marge paradiaphonique positive jusqu’à 200 MHz), et offre la marge de performance escomptée par l'utilisateur final. On obtient ainsi une garantie : l’installation de câblage peut résister aux conditions les plus rudes imposées aux systèmes de câblage par leur environnement, et peut encore supporter l’application 1000 BASE-T malgré ces conditions extrèmes. Grâce à l'élaboration de cette spécification, un besoin a été mis au grand jour : limiter la conversion de signaux de mode différentiel en signaux de mode commun et inversement en définissant un équilibre entre les composants. Les systèmes de câblage offrent alors une performance améliorée en termes de compatibilité électromagnétique (CEM).

Même si le câblage de catégorie 6 / classe E a pour vocation principale de supporter les applications 100 BASE-T et 1000 BASE-T, certains parcs installés de catégorie 6 / Classe E peuvent supporter l'application 10 GBASE-T. Les bulletins techniques TIA TSB-155 et ISO/IEC 24750, publiés récemment, identifient la marge de performance supplémentaire, ainsi que les procédures et exigences applicables lors des tests de qualification menés sur le terrain, qui doivent être respectées par ce parc installé de câblage de catégorie 6 / classe E pour supporter cette nouvelle application.

Comme les capacités de traitement numérique des signaux (DSP) de l’application 10 GBASE-T entraînent une annulation totale de la paradiaphonie paire à paire interne, cette application est très sensible à un couplage de signal indésirable entre le câblage et les composants adjacents. Ce couplage est dénommé paradiaphonie exogène (ANEXT), et les bulletins techniques TIA TSB-155 et ISO/IEC 24750 visent principalement à définir la paradiaphonie exogène dans une installation de câblage réalisée de catégorie 6 / classe E. La paradiaphonie exogène des câblages U/UTP de catégorie 6 / classe E dépendant largement des pratiques d’installation (regroupement des câbles, utilisation de serre-câbles et remplissage des chemins de câbles), les valeurs de performance ont été établies en fonction d’un environnement extrême « typique » : l'application 10 GBASET doit fonctionner sur des longueurs de canaux UTP de catégorie 6 / classe E d’une longueur inférieure ou égale à 37 mètres, et peuvent fonctionner sur les longueurs de canaux comprises entre 37 et 55 mètres de câblage UTP de catégorie 6 / classe E en fonction des niveaux de paradiaphonie exogènes qui existent effectivement. La conception des câbles F/UTP de catégorie 6 / classe E réduisant nettement la paradiaphonie exogène, ces limitations en termes de longueur ne s'appliquent pas au câblage F/UTP.

Les normes TIA TSB-155 et ISO/IEC 24750 recommandent également de procéder à des limitations si un canal installé de la catégorie 6 / classe E ne satisfait pas aux niveaux minimaux de paradiaphonie exogène. Les différentes techniques de limitation consistent à : utiliser des ports de panneaux de brassage non adjacents pour supporter l’application 10GBASE-T, séparer les cordons d’équipement ou utiliser des cordons d’équipement améliorés, recourir à des cordons d’équipement F/UTP, dégrouper les câbles, reconfigurer les répartiteurs sous la forme d’interconnexions, et remplacer les composants de catégorie 6 / classe E par des composants de catégorie 6A / classe A.

Le câblage de catégorie 6 / classe E n’est pas recommandé pour les nouvelles installations devant supporter l’application 10 GBASE-T. En effet, alors que les testeurs de terrain déterminant la conformité par rapport aux nouveaux paramètres : Paradiaphonie exogène cumulée (PSANEXT) et écart télédiaphonique exogène cumulé (PSAACRF), auparavant dénommé télédiaphonie exogène cumulée compensée (PSAELFEXT), viennent d’être lancés sur le marché, la méthodologie des tests s’avère encore très onéreuse et fastidieuse, et sa fiabilité n’est pas toujours optimale. Par ailleurs, dans la plupart des installations, une limitation de la paradiaphonie exogène est requise. Souvent, les procédés de limitation reconnus ne peuvent être mis en ouvre facilement au vu des restrictions actuelles de remplissage des chemins de câbles et l'éventuelle nécessité de remplacer des composants. En outre, on ne trouve aucune indication sur les procédures de qualification s’appliquant aux grandes installations ou aux futurs équipements MAC.

Publiée en 2002, la norme de la catégorie 6 / classe E, prévue pour une durée de 10 ans, est à mi-parcours. A l’heure actuelle, les rédacteurs des normes de câblage visent des qualités de câbles plus performantes pour garantir une performance et un retour sur investissement optimaux.

CATEGORIE 6A / CLASSE EA

Les exigences de câblage de la catégorie 6A / classe EA sont en phase de finalisation. A l’origine, elles ont été élaborées pour traiter la largeur de bande de fréquence étendue ainsi que la marge de paradiaphonie exogène requises pour supporter l’application 10 GBASE-T sur une longeur de 100m et avec quatre points de coupure soit quatre connecteurs. Le câblage de catégorie 6A / classe EA offre une marge signal / paradiaphonie exogène positive jusqu’à 500 MHz, et est recommandée comme qualité minimale de câblage pour résister aux conditions les plus rudes imposées par l’environnement du câblage et permettre ainsi de supporter l’application 10 GBASE-T alors qu’elle doit faire l’objet d’une adaptation. Les exigences en termes d’équilibre pour les canaux et liaisons permanentes sont également mentionnées pour la première fois, en garantissant une performance de compatibilité électromagnétique (CEP) supérieure à celle de la génération précédente.

La marge de performance a été intégrée dans tous les paramètres de transmission, notamment la paradiaphonie exogène cumulée, et les procédés de qualification de tests sur le terrain et en laboratoire sont indiqués pour le câblage de catégorie 6A / classe EA.. La paradiaphonie exogène cumulée moyenne sur l’ensemble des quatre paires est évoquée par le comité IEEE dans le cadre de la modélisation de la capacité du canal. Il est à noter que l’expression « perte de télédiaphonie compensée » (ou ELFEXT), qui était utilisée jusqu’à présent dans les spécifications TIA, a été remplacée par « écart télédiaphonique » (ACRF) . Cette modification vise à harmoniser les terminologies utilisées par la TIA et ISO, et à décrire plus précisément la configuration effective des mesures de test.

Le câblage de catégorie 6A / classe EA offre un retour sur investissement optimal quand on utilise une durée de vie de dix ans pour réaliser les calculs.

CLASSE F

Les exigences de la classe F ont été publiées en 2002, et décrivent les critères de performance pour un type de câble totalement blindé (câblage doté d’un blindage global et de paires blindées individuellementn : Câble S/FTP). La catégorie F permet d’obtenir une marge paradiaphonique positive jusqu’à 600 MHz et offre une performance inégalée en termes de capacité électromagnétique (CEP) du fait de sa construction blindée.

Grâce à sa facilité d’utilisation, sa marge de performance, sa capacité à supporter diverses applications sous un blindage, sa caractéristique d'interface de catégorie 7 recommandée dans la norme ISO 15018 , l’interface prise / fiche qui n’est pas de type RJ, indiquée dans IEC 61076-3-104:2002 est le connecteur de catégorie 7 le plus cité. Cette interface est disponible dans le commerce auprès de nombreux fabricants dont les produits présentent une interopérabilité vérifiée. Preuve est faite que les développeurs d’applications et le secteur du câblage sont tout à fait prêts à adopter un câblage totalement blindé ! Par exemple, le câblage de classe F est considéré comme étant le support cuivre de premier choix dans le nouvel appel à manifestation d’intérêt lancé par l’IEEE dans le cadre de l’application 10 GBASE-T, et la norme ISO/IEC 14165-114 publiée, intitulée “A Full Duplex Ethernet Physical Layer Specification for 1000 Mbit/s operating over balanced channels Class F (Category 7 twisted pair cabling)” indique le fonctionnement sur un canal de classe F présentant les caractéristiques minimales.

Bien que la TIA n’élabore pas à proprement parler de norme pour la catégorie 7 à ce jour, l’expression « câblage de classe F » sera parfaitement comprise sur les marchés nord-américains. En effet, non seulement la classe F est reconnue par le BICSI, NEMA et l’IEEE et d’autres organismes de normalisation, mais elle reprend une partie des exigences de catégorie 6A de la TIA. Les traversées répondant à la qualification de câblage de classe F et exigences de tests sur le terrain sont disponibles dans le commerce depuis 2002.

L'avantage de la Classe F par rapport aux autres Classes de câblage : elle vise à supporter les applications de la nouvelle génération dépassant 10 GBASE-T. Le câblage de classe F est le seul moyen de bénéficier d’une durée de vie de 15 ans, et il offre un retour sur investissement optimal lorsque les calculs sont réalisés en fonction de cette durée de vie.

CLASSE FA

Les exigences de la classe FA sont en cours d’élaboration, et reposent sur les exigences de câblage existantes de classe F, et l’interface prise / fiche de catégorie 7, qui n’est pas de type RJ. Amélioration notable des spécifications de classe FA : extension de la largeur de bande passante définie entre 600 MHz et 1 000 MHz. Grâce à ces améliorations, le câblage de classe FA peut tout simplement supporter tous les canaux de vidéo à large bande (notamment CATV) fonctionnant jusqu’à une fréquence de 862 MHz. Il est fort probable que toutes les solutions de câblage totalement blindées appartiendront à la classe FA dans un avenir proche.

APPLICATIONS SUPPORTEES

Le tableau 3 présente les types de câblage pouvant supporter les applications couramment définies dans des topologies comptant quatre connecteurs et sur une longueur de 100 mètres.

TABLEAU 3 : FICHE D’APPLICATIONS
  Categorie 5e Classe D Categorie 6 Classe E Categorie 6A Classe EA Classe F Classe FA
TOKEN RING 4/16 MBPS x x x x x
10BASE-T x x x x x
100BASE-T4 x x x x x
155 MBPS ATM x x x x x
1000BASE-T x x x x x
TIA/EIA-854   x x x x
10GBASE-T     x x x
ISO/IEC 14165-144       x x
CATV LARGE BANDE       x x

FICHE DE COMPARAISON DES PERFORMANCES

Le tableau 4 présente les données de performances comparatives à une fréquence de 100 MHz pour les canaux de catégorie 5e/classe D, catégorie 6 / classe E, catégorie 6A / classe EA, classe F, et classe FA Lorsqu’il existe une légère différence entres les limites de performances TIA et ISO, les limites de performances ISO sont indiquées entre parenthèses.

TABLEAU 4 : COMPARAISON DE PERFORMANCES A 100 MHZ POUR LES CANAUX SELON LES NORMES DU SECTEUR
  Catégorie 5e Classe D Catégorie 6 Classe E Catégorie 6A Class EA Classe F Classe FA
Bandes passantes (MHz) 1 - 100 1 - 250 1 - 500 1 - 600 1 - 1,000
Perte d’insertion (dB) 24.0 21.3 (21.7) 20.9 20.8 20.3
Paradiaphonie NEXT (dB) 30.1 39.9 39.9 62.9 65.0
Paradiaphonie cumulée PSNEXT (dB) 27.1 37.1 37.1 59.9 62.0
Paradiaphonie moins atténuation ACR (dB) 6.1 18.6 18.6 42.1 46.1
Ecart paradiaphonique cumulé PSCAR (dB) 3.1 15.8 15.8 39.1 41.7
Ecart télédiaphonique ACRF 1 (dB) 17.4 23.3 23.3 (25.5) 44.4 47.4
Ecart télédiaphonique cumulé PSACRF (dB) 14.4 20.3 20.3 (22.5) 41.4 44.4
Perte de retour (dB) 10.0 12.0 12.0 12.0 12.0
Perte de paradiaphonie exogène cumulée PSANEXT (dB) n/s n/s 60.0 n/s 67.0
Ecart télédiaphonique exogène cumulé PSAACRF (dB) n/s n/s 37.0 n/s 52.0
Affaiblissement de conversion transversale TCL (dB) n/s n/s 20.3 20.3 20.3
Affaiblissement de conversion transversale compensée ELTCTL (dB) n/s n/s 0.5 (0) 3) 0 0
Temps de propagation (ns) 548 548 548 548 548
Ecart de temps de propagation entre les paires 50 50 50 30 30
  1. Correspond à la perte ELFEXT pour la catégorie 5e / classe D et catégorie 6 / classe E.
  2. Correspond à la perte PSELFEXT pour la catégorie 5e / classe D et catégorie 6 / classe E.
  3. Indiqué à 30 MHz

Remarque : Les spécifications du secteur pour le câblage de catégorie 6A / classe EA et classe FA ne sont pas encore publiées.

Conclusion:

Lors de la conception et de l’installation de systèmes de câblage structurés, choisissez les solutions les plus performantes pour supporter vos applications actuelles, mais aussi futures. Pour vous assurer que les toutes dernières technologies émergentes dans le domaine des télécommunications seront supportées, n’hésitez pas à vous informer auprès de plusieurs sources. Faites entière confiance aux groupes élaborant les normes TIA et ISO, qui indiquent tous les critères de câblage nécessaires pour garantir le fonctionnement des applications normalisées.

DEFINITIONS CLES

Paradiaphonie exogène

Couplage de signal indésirable entre un canal, ou liaison permanente et une source de perturbation provenant des câbles adjacents. Du fait que la paradiaphonie exogène indique un couplage de signal différentiel (ou équilibré), elle ne peut pas être affectée par un bruit de mode commun (bruit issu de moteurs ou de lampes fluorescentes) présent dans l'environnement. Les normes définissent uniquement la paradiaphonie exogène comme un paramètre cumulé inhérent aux composants et au câblage, qui se rapproche de l'énergie présente lorsque toutes les paires sont activées. La paradiaphonie exogène cumulée mesurée au niveau de l'extrémité locale est appelée perte de paradiaphonie exogène cumulée (perte PSANEXT), et la paradiaphonie exogène cumulée mesurée au niveau de l’extrémité distante est appelée écart télédiaphonique exogène cumulé (PSAACRF). Des niveaux élevés de paradiaphonie exogène cumulée peuvent nuire au fonctionnement de l’application 10 GBASE-T.

Ecart télédiaphonique (ACRF) (auparavant dénommé perte ELFEXT)

La perte de télédiaphonie paire à paire (FEXT) quantifie le couplage de signal indésirable entre des paires adjacentes au niveau de l’extrémité distante (extrémité opposée à l'extrémité d'émission) du câblage ou d'un composant. Pour calculer l’ACRF, on soustrait la perte d’insertion mesurée à la perte de télédiaphonie mesurée, et on obtient une valeur normalisée pouvant être utilisée pour comparer les performances des câbles et du câblage, indépendamment de la longueur. Des niveaux faibles d’ACRF peuvent produire des taux d’erreurs binaires BER accrus et / ou des paquets de signaux impossibles à délivrer. Mais la marge de perte NEXT à elle seule ne suffit pas à garantir une performance ACRF correcte.

Ecart paradiaphonique (ACR)

Un critère essentiel pour déterminer la capacité d’un système de câblage est la différence entre la perte d’insertion et la perte de paradiaphonie (NEXT). Cette différence est connue sous le nom d’écart paradiaphonique (ACR). Des calculs d’ACR positifs signifient que l’intensité du signal émis est supérieure à celle de la paradiaphonie. L’ACR peut être utilisé pour définir une largeur de bande de signal (par exemple 200 MHz pour la catégorie 6) où les rapports signal / bruit sont suffisants pour supporter certaines applications. Aspect intéressant : la technologie du traitement numérique des signaux (DSP) peut annuler la paradiaphonie en permettant à certaines applications d’étendre la largeur de bande utile jusqu’au stade où l’ACR calculé est nul, et au-delà. Ainsi, la fréquence maximale pour chaque ACR positif constitue un repère pour évaluer la largeur de bande passante utile des systèmes de câblage à paires torsadées.

Equilibre

La transmission sur paires torsadées repose sur la symétrie ou l’équilibre des signaux entre les deux conducteurs au sein d’une paire. Un équilibre correct signifie que les systèmes et composants de câblage n'émettent pas de rayonnement électromagnétique indésirable et ne sont pas sensibles aux différentes sources de bruit électrique. Les exigences en termes d’équilibre des composants sont indiquées pour le câblage de catégorie 6 / classe E. Les exigences en termes d’équilibre des composants et du câblage sont spécifiées pour la catégorie 6A / classe EA et les qualités supérieures de câblage. L’équilibre peut être déterminé par l’affaiblissement de conversion longitudinale (LCL), l’affaiblissement de transfert de conversion longitudinale (LCTL), l’affaiblissement de conversion transversale (TCL) ou l’affaiblissement de transfert de conversion transversale compensé (ELTCTL).

Perte de télédiaphonie compensée (ELFEXT)

Voir la définition de l’écart télédiaphonique.

Perte d’insertion (atténuation)

La perte d’insertion permet de mesurer la diminution de l’intensité du signal sur toute la longueur d’une ligne de transmission. Il est essentiel de garantir une atténuation minimale du signal du fait que la technologie du traitement numérique des signaux (DSP) ne peut pas compenser une perte excessive de signal.

Paradiaphonie (NEXT)

La paradiaphonie paire à paire (NEXT) quantifie le couplage de signal indésirable entre des paires adjacentes au niveau de l’extrémité locale (extrémité identique à l'extrémité d'émission) du câblage ou d'un composant. Une perte de paradiaphonie excessive peut porter préjudice aux applications qui n’utilisent pas la technologie du traitement numérique des signaux (DSP) annulant la paradiaphonie.

Paramètre cumulé (PS : Power Sum)

Tous les paramètres de paradiaphonie paire à paire peuvent être exprimés sous forme cumulée, qui se rapproche du niveau de couplage de signal interne indésirable lorsque toutes les paires sont activées. La caractérisation de perte de paradiaphonie cumulée, écart télédiaphonique, paradiaphonie exogène et écart télédiaphonique exogène confirme que le câblage est suffisamment résistant pour réduire au minimum la paradiaphonie provenant de divers parasites. Ce type de caractérisation est nécessaire pour garantir la compatibilité du câblage avec les applications utilisant l’ensemble des quatre paires pour l'émission et la réception simultanées de signaux, telles que l'application 1000 BASE-T, et les applications sensibles à la paradiaphonie exogène telles que 10 GBASE-T.

Temps de propagation et écart de propagation entre les paires

Le temps de propagation est le temps mis par le signal entre son émission et sa réception à l'extrémité du canal ou du lien permanent. L’effet est similaire au temps entre le moment où on voit un éclair et où on entend le tonnerre - hormis que les signaux électriques ont une vitesse nettement supérieure à celle du son. Le retard de propagation est la différence entre les instants d’arrivée de la paire présentant le retard moindre et la paire présentant le plus grand retard. Les erreurs de transmission associées à des temps de propagation et retards de propagation excessifs incluent une instabilité et des taux d’erreurs binaires plus important.

Perte de retour

La perte de retour mesure les réflexions de signal le long d’une ligne de transmission, et est liées aux défauts d’adaptation d’impédance présents tout au long d’un canal de câblage. Les applications émergeantes telles que 1000 BASE-T et 10 GBASE-T reposant sur des systèmes de codage de transmission duplex complets (les signaux d’émission et de réception se superposent sur la même paire de conducteurs), elles sont sensibles à des erreurs résultant d’une perte de retour même marginale.

Impédance de transfert

L’efficacité d'un blindage définit la capacité du câble et des équipements de connexion dotés d’une gaine (F/UTP) ou totalement blindés (S/FTP) à optimiser leur immunité par rapport aux sources de bruit externes et à réduire au minimum les émissions rayonnées. L’impédance de transfert mesure l’efficacité du blindage ; des valeurs d’impédance de transfert faibles signifient une efficacité de blindage accrue.

Rev. B, 8/07

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